Devant l'énormité de la tâche, nous reculions chaque jour un peu plus pour décrire nos cinq jours à Kyoto.
Prenant notre courage à deux mains, nous nous attelons dès maintenant à décrire notre périple, bien au chaud derrière notre cappuccino maison.
Il faut dire que le programme aura été dense.
Premier jour : départ du regretté hôtel de Tokyo, son lit moelleux, ses petits dej copieux. Nous nous apprêtons à prendre le Shinkansen pour Kyoto (heureusement, Thomas veille et corrige mes
innombrables Tokyo -- euh, Kyoto).
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Le Shinkansen, c'est comme le TGV en deux fois plus : deux fois plus cher (voire 4 avec carte 12-25), deux fois plus de place pour les pieds, deux fois mieux organisé. Il faut voir le ballet que le
passage des trains forme sur le quai : quelques minutes avant l'arrivée, les Japonais font sagement la queue devant les marques au sol indiquant avec précision la porte de chaque compartiment ;
puis le Shinkansen pointe le bout de son nez et stoppe pile à l'endroit prévu. Emergent alors des vitres de fiers contrôleurs, qui ont dû être stewarts dans une autre vie, vu le nombre de signes
compliqués qu'ils font. Ou peut-être sortent-ils de la meilleure fac du pays, mais ceci est une autre histoire. Et le train démarre, pile à l'heure. Nous prenons place -- et quand nous disons
place, cela sous-entend deux fois plus que dans un TGV lambda. Par la fenêtre, on aperçoit le Mont Fuji qui nous fait coucou.
Trois heures plus tard, d'une capitale à l'autre, nous arrivons à Kyoto. La faim nous taraude le ventre. Thom imagine déjà les constructions de bois, où se baladent paysans se faisant trancher la
tête par les samurais. Il va de soi qu'il est déçu !! C'est une ville d'apparence toute moderne qui se dévoile, dominée par une tour genre antenne de portable.
Après un petit détour par l'hôtel, nous trouvons un petit resto à
teishoku (set traditionnel japonais : riz et soupe miso accompagné de tempura, de poisson ou autre) très sympathique.
Puis, direction le château de la paranoia : Nijou.
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Ce château a été construit par le shogun Ieyasu Tokugawa. Assez ironiquement, nous commençons donc par le château du
responsable du transfert de la capitale politique de Kyoto à Tokyo... Pour ceux qui ne connaissent pas bien l'histoire du Japon, c'est le général qui réussit à réunifier le pays après une
assez longue période de guerres civiles et troubles divers, au prix d'une dantesque bataille contre son principal rival (la bataille de Sekigahara). C'est après ces temps troublés seulement
que s'instaura l'ère Edo, qui marquait le renouveau du Japon dans une période de paix et de prospérité.
Vous imaginez donc bien que son château n'était pas précisemment baroque. Ca tient plutôt de la grosse forteresse, blindée de passages secrets d'où les gardes du corps pouvaient sortir à
tout moment, et où chaque allée-venue était signalée par le crissement d'un plancher spécial (plancher rossignol). Pratique pour aller aux toilettes la nuit sans réveiller la
maisonnée...
Reste le jardin, entre l'impressionnante enceinte et les bâtiments, qui offre un peu de poésie dans ce monde de brutes.
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Une petite ballade dans le parc impérial tout proche nous donne droit à nos premiers cerisiers en fleurs et leurs armées de photographes. Nous ne nous risquons pas à visiter le Palais Impérial,
dont la description ressemble fort à celle de son homologue tokyoite.
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Oh, une poporte ! Personnellement, j'aimerai pas me la prendre sur la figure.
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Complètement frigorifiés, nous nous accordons un break dans un café attrape-touristes.
La soirée est l'occasion de découvrir le quartier de Gion, qui au beau milieu du Kyoto moderne garde un charme désuet avec ses rues pavées, ses façades boisées où on devine, derrière la vitre, des
geishas officiant dans les hautes sphères privées, inaccessibles au simple touriste.
Nous avons un peu de mal à trouver un restaurant abordable dans ce quartier on ne peut plus touristique, mais un bar à sushi me donne l'occasion de déguster le meilleur sushi au saumon de ma
vie...
Ainsi que Thom me le fait remarquer, je ne parle que de bouffe ces temps-ci...
Chaque journée étant un véritable petit pavé, la suite dans un autre article.
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